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December 06 petites coutumes de Noël en France
La veillée de Noël
En Alsace
Les morts sont de la fête… Dans de nombreuses régions, il semblait naturel d'associer les disparus
à la préparation de Noël puisque la " bonne nouvelle " les concerne autant que les vivants !
Ainsi, en Alsace, on nommait " fête de la souvenance " cette veillée du 24 décembre.
Le souvenir des absents y est évoqué autour du sapin, à la lueur des bougies, par toute la famille réunie.
En Bretagne
En Bretagne, on priait pour les trépassés dès que commençait la veillée,
c'est-à-dire dès que l'on pouvait compter dans le ciel neuf étoiles,
correspondant aux neufs mois d'attente de la Vierge avant la naissance du Christ.
On disait que la bûche de Noël les réchaufferait et, avant de partir à la messe,
on laissait pour eux sur la table du pain et du beurre.
En Corse
En Corse, on laissait aussi pour eux les portes ouvertes toute la nuit et des victuailles…
qui avaient en général disparu le lendemain !
En Languedoc
En Languedoc, c'était un demi-verre de vin, du pain, du sel et un couteau, îen signe d'hospitalité,
qu'on gardait pour eux.
Hautes-Alpes
Enfin, dans les Hautes-Alpes, on buvait à la santé des absents en fin de veillée. … et les animaux aussi .
Un peu partout, les animaux recevaient double ration de litière.
À la fois pour les remercier d'avoir réchauffé l'enfant Jésus de leur haleine dans la crêche
et en souvenir des moutons qui, avec les bergers, avaient été les premiers à venir l'adorer.
Ardennes et Pyrénées
Auvergne et Limousin
En Auvergne et en Limousin, la tradition affirmait que les bœufs avaient cette nuit-là le don de la parole,
et qu'ils cessaient de ruminer au douzième coup de minuit pour ne pas réveiller le nouveau-né divin…
La bûche de Noël
Dans la majeure partie de la France, le soir du 24 décembre, on allume la bûche de Noël,
qui n'est pas un gâteau mais une pièce de bois, mise à flamber le plus longtemps possible
à l'image de la Lumière de Dieu. En Aquitaine, en Champagne et dans les Pyrénées,
il fallait que cette bûche puisse flamber au moins pendant sept à douze jours,
c'est-à-dire si possible jusqu'à l'Épiphanie. Les cendres étaient ensuite conservées pour protéger le foyer et les récoltes.
Dans les Ardennes, on ne la mettait parfois à brûler qu'après l'avoir fait bénir à la messe de minuit.
Ensuite, on en gardait un bout sur le buffet pour se porter chance ou bien, pour la même raison,
on en jetait un morceau le jour de l'An dans le puits de la maisonnée.
En Auvergne, on dessinait une croix sur la bûche avant de la mettre à brûler,
pour protéger la famille pour l'année à venir. En Bourgogne et en Franche-Comté,
la bûche était creusée et remplie de bonbons, fruits secs ou fleurs séchées,
que les enfants devaient découvrir avant qu'on ne mette le bois dans l'âtre.
Parfois, on laissait un homme veiller sur la flambée avec un fusil tandis que le reste de la famille
se rendait à la messe de minuit car, si un démon venait l'éteindre, un malheur était certain.
En Bretagne, on la décorait de guirlandes, de rubans, de houx, de lauriers et l'homme le plus âgé de la maison,
à jeun depuis midi, l'arrosait d'eau bénite avant de la déposer dans l'âtre.
À l'inverse, dans les Charentes et le Poitou, la bûche était bénie par le plus jeune de la famille.
Ensuite, avant de brûler, elle était l'objet d'une lutte rituelle entre deux groupes représentant
les bons anges et les esprits mauvais (qui perdaient bien sûr !).
Dès qu'elle commençait à flamber, chaque membre de la famille devait venir la frapper :
autant d'étincelles, autant de vœux exaucés !
En Languedoc, c'était aussi le plus jeune de la maisonnée qui la bénissait et lui jetait du sel,
du pain et du vin avant d'y mettre le feu. Là encore, ses cendres portaient bonheur.
En Limousin, on ne la coupait que le soir même. On en en gardait soigneusement les coppeaux
et les cendres que l'on répandait dans les champs pour obtenir de bonnes récoltes.
En Lorraine, la " queue " de la bûche qui dépassait de la cheminée pouvait permettre à un garçon,
s'il se plaçait à côté, de signifier qu'il aimait l'une des demoiselles de la maisonnée !
En Provence, on lui attribuait des vertus prédictives. En Touraine enfin, on plaçait une chaise près
de la cheminée, car, disait-on, la Vierge venait parfois se chauffer à la bûche de Noël pendant la messe de minuit.
Le grignotage de la veillée
Les veillées étaient aussi l'occasion de chants, de jeux, de rires…
et d'un premier et frugal repas de fête. Dans les Ardennes, on mangeait ainsi des gaufres, des brioches
et des " bourdes de Noël ", tandis qu'on éclairait la pièce avec des morceaux de sucre
recouverts d'alcool et mis à flamber.
En Auvergne, c'était une grosse brioche qu'on se partageait auprès des bougies allumées
. En Bretagne, des pains ronds, des crêpes chaudes et des verres d'eau.
En Languedoc, un excellent vin accompagné de fruits confits, ou parfois un bon repas mais sans poisson ni viande.
Dans les Pyrénées, le plat traditionnel de morue sècle salée, en ragoût.
Dans tous les cas, il ne s'agissait que de dîners légers : le grand repas de fête n'était prévu que le lendemain,
le 25 décembre, véritable jour de Noël.
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